Compte rendu de Michel Clavette, TCA 698, participant à la rencontre des délégués sociaux le 31 mai dernier

Rapport de la rencontre des délégués sociaux le 31 mai 2012
à la cabane à sucre Bouvrette à St-Jérome
FTQ-LL

Pour cette 8e rencontre annuelle des délégués sociaux, notre coordonnatrice à la FTQ-LL Sylvie Giguère, nous a organisé une journée sous le thème « Contenue sous pression » qui fut, comme chacune de ces rencontres des dernières années, très intéressante. Cette rencontre nous a permis de s’informer sur les services de crises de Lanaudière et du CSSS de St-Jérôme ainsi que des exemples de réussites du réseau des délégués sociaux dans différents syndicats affiliés à la FTQ.

Après un mot de bienvenue du président de la FTQ-LL Réal Richard, Mme Louise Mercier, vice-présidente de la FTQ et aussi responsable politique du comité de la condition féminine, nous dit que des études récentes sur la condition des femmes dressent un portrait peu reluisant ; le travail a changé a cause de la mondialisation, les familles se sont transformées. Le nombre de femmes qui ont des responsabilités familiales est en hausse : 56% de ces femmes n’ont aucune flexibilité dans leur temps de travaille et 22% travaillent les fins de semaine.

Cet état de faits joue sur la santé physique et mentale et sur les relations de couples qui deviennent de plus en plus difficiles. La FTQ travaille depuis longtemps pour la création d’une loi sur la conciliation travail/famille pour éviter ces situations qui conduisent souvent des personnes à l’état de crise ! C’est pourquoi Mme Mercier croit que le travail des délégués sociaux est important ; elle suggère que le comité santé-sécurité doit être collé aux délégués sociaux sur les exécutifs syndicaux. Elle-même ancienne déléguée sociale, elle dit que les délégués sociaux sont des ambassadeurs. Un des clés de la réussite est que les travailleurs doivent connaître leurs droits. Elle termine en disant que « le plus beau cadeau que l’on peut faire est de mieux communiquer ».

A la suite de Mme Mercier, nous avons une présentation sur les services de crises de Lanaudière fait par Mme Cynthia Parent, coordonnatrice clinique pour les deux maisons du CSSS de Lanaudière.

Les Services de crise de Lanaudière est un organisme sans but lucratif dispensant des services d’interventions de crise depuis 1995 pour la région de Lanaudière. Ils sont subventionnés par l’Agence des Services de santé et sociaux de Lanaudière.
Ces services s’adressent aux adultes qui vivent une situation de détresse psychologique. On leur offrons un soutien et un encadrement dans des lieux sécuritaires, avec des intervenants qualifiés, afin d’évaluer leur situation et de mettre en place des stratégies à court terme visant le retour à l’équilibre d’avant la crise.

Toute personne adulte, autonome, vivant une détresse psychologique et habitant sur le territoire de Lanaudière peut s’informer par téléphone 24 heures / jour, 7 jours /7. Lors de l’accueil téléphonique, un intervenant pourra inviter la personne en crise à se retirer de son milieu pour faire un séjour dans l’une de ces deux maisons. La personne doit être volontaire à recevoir les services. Elle vivra alors les étapes de la crise en sûreté, dans un cadre chaleureux.
Les quatre MRC du Nord (Joliette, Matawinie, D’Autray et Montcalm) sont desservies par la maison de Rawdon.

La maison à Repentigny dessert les deux MRC du Sud (L’Assomption et Des Moulins). Chaque maison offre huit places.

Deux maisons, un seul numéro de téléphone : 1-800-436-0966
Pour le CSSS de St-Jérôme, il y a un service mobile d’intervention de crise qui nous a été présenté par Mme Alberte Gallant qui est responsable de la coordination clinique de l’équipe de crise et de crise-urgente de l’équipe de Suivi d’Intensité Variable et de l’équipe de suivi post-hospitalisation.
Le service mobile d’intervention de crise en santé mentale s’adresse autant aux personnes adultes en situation de crise dont l’état mental est momentanément perturbé qu’aux personnes souffrant d’un problème de santé mentale qui sont en état de crise.

Les services offerts sont en premier lieu de désamorcer la situation de crise en intervenant auprès de la personne, d’estimer le niveau de dangerosité de cette personne et lorsque l’on évalue que la personne est un danger pour elle ou pour autrui on applique la loi P38 ; Cette loi adoptée et sanctionnée le 18 décembre 1997, et entrée en vigueur le 1er juin 1998, nous la retrouvons présentement sous l’appellation L.R.Q., chapitre P-38.001. Elle remplace la Loi sur la protection du malade mental et complète les dispositions du Code civil en matière de garde en établissement et d’évaluation psychiatrique. Avant l’adoption de cette Loi, ce processus exigeait qu’une requête au tribunal soit déposée à cet effet. La nouvelle mesure introduit ainsi la déjudiciarisation du processus menant une personne, contre son gré, à un établissement de santé.

Son objectif est d’assurer une meilleure protection à la personne concernée ou à autrui et, pour ce faire, elle porte atteinte à des droits fondamentaux autrement reconnus dans d’autres lois. En ce sens, la Loi est dite d’exception et elle permet, sous certaines conditions strictes, de passer outre au consentement des personnes et de les priver temporairement de leur liberté afin de les amener, contre leur gré, vers un établissement pour y subir un examen et ceci, dans le but d’assurer leur sécurité ou celle d’autrui. Ainsi, aucune maladie mentale particulière n’entraîne en soi la mise en oeuvre de la Loi. C’est seulement sur la base d’un état mental dangereux pour soi ou pour les autres que la Loi pourra s’appliquer. De plus, elle n’est appliquée que lorsque les autres interventions ont été tentées et qu’il n’existe aucune autre solution pour assurer la protection des personnes en cause.
Le Soleil Levant est le seul organisme sans but lucratif en santé mentale, de toute la région des Laurentides, à offrir des services d’intervention de crise en hébergement à des adultes en état de détresse psychologique ou de crise d’adaptation : maximum de 14 jours d’hébergement à trois endroits ; St-Eustache, Lachute et Ste-Thérèse.

Le Soleil Levant est associé au Centre du Florès, établissement dispensant des services relatifs à la déficience intellectuelle, aux troubles envahissants du développement et à la santé mentale. Ce service étant à court terme, il n’y a donc pas de thérapie ni d’hébergement de compris.
Un autre service du Soleil levant est le Centre d’hébergement ‘Le Faubourg’ qui se spécialise en intervention auprès des personnes suicidaires.
Les services sont disponibles 7 jours sur 7 et les jours fériés de 8h30 à 16h30 au 450-432-2777 poste 26595.

Après un excellent déjeuner nous avons eu la visite de Daniel Boyer, secrétaire général de la FTQ, qui continue de venir nous voir à chaque année lors de cette rencontre tout comme son prédécesseur, René Roy, qui a pratiquement assisté à toutes les rencontres annuelles des DS précédentes. M. Boyer est revenu sur le travail dans l’ombre des délégués sociaux qui n’ont pas toujours la reconnaissance qu’ils méritent, « on pensait que les gens étaient individualistes mais on voit aujourd’hui que c’est faux ».

Il nous a rappelé que lors de la création du réseau des DS les problèmes vécus par nos membres étaient plutôt relié à l’alcool et la toxicomanie alors qu’aujourd’hui ce sont plus des problèmes de violence, d’endettement et de santé mentale qui font partie du quotidien des personnes en difficultés.

Le discours de Daniel Boyer a été suivi d’un panel de DS qui avait pour thème « Les conditions gagnantes pour notre intervention ». Les participants étaient François Boyer (AIMTA 712, Bombardier), Edouard Côté (TCA-510, Pratt et Whitney) et François Labossière (retraité SCFP 2000, Hydro-Québec). Ces personnes nous ont montré qu’ils ont réussi à faire reconnaître l’importance des délégués sociaux.
François Labossière nous a raconté qu’il a été difficile d’atteindre cette reconnaissance chez Hydro-Québec. En 2003-2004, le syndicat a réussi à avoir une table de négociation à ce sujet et c’est après 5 séances en 2 ans ils ont réussi à faire reconnaître le réseau des délégués sociaux. En 8 ans d’existence ils ont put atteindre une crédibilité ; il y a 4 ans ils ont même aidé avec succès un cadre qui avait des problèmes d’alcool ce qui a grandement contribué à la reconnaissance des DS dans cette organisation. Aujourd’hui le réseaux des DS de Hydro-Québec ont un budget ‘dans les six chiffres’ et compte 150 délégués(es) sociaux sur une possibilité de 210 ( prévue par lettre d’entente). Ils font entre 500 et 800 interventions par année ; ils faut noter que ces interventions peuvent être faîtes durant le temps de travail.

Chez les TCA-510, qui est une section locale dont le plus important groupe vient de Pratt et Whitney, Édouard Côté nous dit qu’il y a 12 délégués sociaux chez Pratt, qui tiennent une réunion tous les mois. Les DS ont été reconnu dans la convention collective en 1999 et ils font depuis environ 2000 interventions par ans (pour un groupe de 2000 travailleurs). Un journal est également produit pour les travailleurs.
François Boyer de Bombardier ont une excellente collaboration avec la direction ; ils ont un comité de direction une fois par mois avec le vice-président ressources humaines et les deux parties ont remarqués que cela apporte des résultats. Ils ont réussi à mettre en place une politique sur le harcèlement, une formation sur la prévention du suicide ainsi qu’une formation en partenariat avec l’employeur sur le thème de la qualité de la vie : tout cela a permis à l’employeur de baisser ses coûts de prime d’assurance.

La journée s’est terminée avec Mme Isabelle Coulombe qui oeuvre en éducation des adultes depuis une quinzaine d’année et qui travaille au service de l’éducation de la FTQ depuis six ans. Mme Coulombe nous a présenté le collectif d’entraide.
Les collectifs d’entraide ont été pensés et organisés à partir des recherches de Christophe Dejours sur la psychodynamique du travail. Avec les collectifs d’entraides M. Dejours identifie les sources de souffrances, d’épuisement et de démotivation chez les travailleurs et travailleuses.
Ce sont des rencontres en groupes de 12 à 15 personnes d’une durée minimale d’une journée et de préférence sur le temps et le lieu de travail, permettent aux travailleurs et travailleuses de faire le point sur des situations tel que fermeture, changements dans l’organisation du travail ou de suicide sur les lieux de travail. Le but de ces rencontres est de « mettre des mots sur des maux », c’est-à-dire de laisser les personnes s’exprimer sur des situations difficiles qu’elles vivent. Ce service sert à alléger la charge mentale de plus en plus lourde que fait subir aux travailleurs la nouvelle organisation du travail. Ensemble, ils entament un processus de deuil avec ceux qui partagent la même situation, mais sont appuyés et supportés par les réseaux de soutien disponibles dans leur environnement. Il s’agit aussi de mobiliser ses forces et ses ressources ainsi que celles de nos réseaux de soutiens pour surmonter la détresse, la peur de l’avenir et de l’inconnu et réorganiser sa vie.

Ce service est peu connu dans nos milieux de travail mais avec les dernières fermetures que l’on a connues dans le secteur industrielle celui-ci s’est avéré pertinent et d’un grand secours pour nos travailleurs affectés.
Encore une fois cette rencontre annuelle des délégués sociaux et déléguées sociales FTQ Laurentides-Lanaudière nous a éclairé sur les ressources qui sont disponibles pour nous aider dans notre travail de soutien dans nos milieux de travail ; merci
Sylvie !

Michel Clavette
Président Fairmont Tremblant
2e v-p section locale 698
Prés. Conseil Hôtellerie-Restauration
VP TCA FTQLL
mclavette2012@hotmail.com